Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires à partir duquel une entreprise couvre exactement toutes ses charges, sans encore dégager de bénéfice. En dessous, chaque mois coûte de l'argent ; au-dessus, chaque euro vendu devient (en grande partie) du profit. Voici la formule, la différence avec le point mort, et un exemple chiffré complet pour une TPE.

Le principe : « combien dois-je vendre pour ne pas perdre d'argent ? » est une des questions les plus anxiogènes pour un dirigeant, et l'une des plus simples à chiffrer une fois qu'on connaît ses charges fixes et son taux de marge sur coûts variables. Le seuil de rentabilité transforme une inquiétude diffuse en un chiffre précis, et souvent plus bas qu'on ne le craint.

Charges fixes, charges variables, marge sur coûts variables

Trois notions suffisent à construire le calcul.

Les charges fixes ne dépendent pas du volume d'activité : loyer, salaires fixes, assurances, abonnements. Elles tombent, que l'entreprise vende beaucoup ou peu.

Les charges variables évoluent avec l'activité : achats de matière première, sous-traitance liée à une vente, commissions. Plus on vend, plus elles augmentent.

La marge sur coûts variables (MCV) est ce qui reste du chiffre d'affaires une fois les charges variables retirées : elle sert à payer les charges fixes, puis à dégager du bénéfice. Le taux de MCV l'exprime en pourcentage du chiffre d'affaires.

Formule : Taux de MCV = (Chiffre d'affaires − Charges variables) / Chiffre d'affaires

La formule du seuil de rentabilité

Une fois le taux de MCV connu, le seuil de rentabilité en valeur se calcule directement :

Seuil de rentabilité (en valeur) = Charges fixes / Taux de MCV

Pour une activité qui vend un produit ou une prestation à peu près standard, il existe aussi une version en quantité, souvent plus parlante pour un dirigeant :

Seuil de rentabilité (en quantité) = Charges fixes / MCV unitaire, où la MCV unitaire est le prix de vente d'une unité moins son coût variable.

Seuil de rentabilité et point mort : deux chiffres, pas un

Les deux se confondent souvent, mais répondent à des questions différentes. Le seuil de rentabilité est un montant : le chiffre d'affaires nécessaire pour ne pas perdre d'argent sur l'année. Le point mort est une date : le jour de l'année où ce montant est atteint, si l'activité se répartit régulièrement dans le temps.

Formule : Point mort = (Seuil de rentabilité / Chiffre d'affaires annuel) × 360, exprimé en nombre de jours depuis le 1er janvier.

Un point mort atteint en juin plutôt qu'en octobre change concrètement la lecture de l'année : plus il arrive tôt, plus l'entreprise dégage de marge de sécurité sur le reste de l'exercice.

Exemple chiffré : un artisan plombier

Un artisan plombier a des charges fixes annuelles de 54 000 € (local, véhicule, assurances, salaire du gérant compris). Son taux de MCV, une fois les fournitures et pièces déduites de chaque intervention, est de 65 %.

IndicateurCalculRésultat
Seuil de rentabilité (valeur)54 000 € / 0,6583 077 € de CA annuel
Point mort (date, pour un CA réalisé de 120 000 €)(83 077 / 120 000) × 360Jour 249, soit début septembre
Seuil de rentabilité (quantité, intervention moyenne à 450 €)54 000 € / 292,5 € de MCV unitaire185 interventions par an

Cet artisan sait désormais qu'il doit facturer environ 185 interventions dans l'année, ou atteindre 83 077 € de chiffre d'affaires, pour ne pas perdre d'argent. Avec un CA réalisé de 120 000 €, son point mort tombe début septembre : à partir de cette date, l'essentiel de ce qu'il facture contribue directement à son bénéfice plutôt qu'à couvrir ses charges.

Ce que ce chiffre change concrètement

Un seuil de rentabilité connu transforme trois décisions courantes. Fixer un prix : un devis en dessous du coût variable unitaire ne rapproche jamais du seuil, quel que soit le volume vendu. Décider d'un investissement : un nouvel équipement augmente les charges fixes, donc mécaniquement le seuil de rentabilité à atteindre, un calcul rapide dit s'il est absorbable. Lire une mauvaise période : savoir qu'on est à 20 % du seuil ou à 80 % change complètement le niveau d'inquiétude légitime.

Le seuil de rentabilité complète naturellement le calcul de la marge par activité : la marge dit où l'entreprise gagne de l'argent, le seuil dit à partir de quand elle en gagne. Les deux se lisent ensemble dans le tableau de bord TPE en 5 chiffres.

Recalculer ce chiffre à la main demande de connaître précisément ses charges fixes et variables, et de les tenir à jour : c'est ce que l'application Adam Boards automatise depuis votre comptabilité. Le programme Cap Pilotage installe ce repère avec vous en 90 jours.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre seuil de rentabilité et point mort ?

Le seuil de rentabilité est un montant de chiffre d'affaires. Le point mort est la date de l'année où ce montant est atteint. Les deux se calculent l'un à partir de l'autre.

Comment calculer le seuil de rentabilité en quantité ?

En divisant les charges fixes par la marge sur coûts variables d'une unité vendue (le prix de vente moins le coût variable de cette unité). Le résultat donne le nombre d'unités à vendre dans l'année pour ne pas perdre d'argent.

Qu'est-ce que la marge sur coûts variables ?

C'est le chiffre d'affaires moins les charges qui varient avec l'activité (achats, matière première, sous-traitance liée à la vente). Elle sert d'abord à couvrir les charges fixes, puis dégage du bénéfice une fois le seuil de rentabilité dépassé.

À quelle fréquence recalculer son seuil de rentabilité ?

Une fois par an suffit dans la plupart des cas, et à chaque changement notable des charges fixes (nouvel investissement, embauche, déménagement) ou du taux de marge sur coûts variables (hausse des prix d'achat, changement de tarifs).